Les pirates du net!
Voyez vous je suis inscrit à la SACD, la société des auteurs et compositeurs dramatiques et dans ce cadre, j’ai eu la chance de recevoir un courriel me demandant de prendre fait et cause pour la loi HADOPI, retoquée par l’assemblée faute de députés UMP présent dans l’hémicycle… Oui, à ce stade on peut se dire que la démocratie tient à peu de choses
La logique voudrait qu’en tant qu’auteur, je sois naturellement pour or c’est très loin d’être le cas. Car la situation me semble bien plus complexe qu’on ne la présente.
Vous souvenez vous de cette publicité anxiogène au possible sur les méfaits du piratage.
Voler une voiture? Jamais.
Voler un sac? Jamais, etc.
Le piratage c’est du vol… Et bien voyez vous, j’ai toujours trouvé cette publicité biaisée, car si les situations qu’on nous présente dans cette vidéo sont bien des délits avérés, ça ne s’apparente en rien à ce qui se passe sur le Net. Pour être exact il faudrait montrer cette voiture, dans votre salon, les clés sur le contact avec un écriteau sur lequel est marqué: Servez vous! ça ne gênera pas le conducteur, de toutes façons il en a une autre!
Car c’est ainsi que ça se passe sur le web. Lors d’un vol temporel concret, le propriétaire de l’objet volé n’est plus en possession de ce dernier, il constate un manque par rapport à son statut précédant le larcin.
Or sur le web, le film ou la musique téléchargée n’est pas « enlevée » au propriétaire mais dupliquée! C’est ni plus ni moins qu’une corne d’abondance où seul le coût de fabrication n’apparait plus dans l’équation. Or si l’on a bien là affaire à un délit, ça n’est pas à un vol mais plutot un néo-crime qui resterait à définir. Car on parle bien souvent d’une gratuité qui tue les artistes; et le pirate est le plus souvent jugé et condamné responsable de cette situation comme on a pu le voir il y a peu en Suède.
Pourtant cette gratuité est illusoire car de nombreux intermédiaires vivent gracieusement sur les bénéfices financiers de ce marché de la contrebande numérique: les sites d’hébergements, les annonceurs publicitaires, les grands fabricants de technologie permettant ce piratage. (Tous les ordinateurs sont aujourd’hui livrés avec des graveurs de DVD ou de CD, des disques durs externes et multimédia… Tout cela dans la la chimère d’un usage personnel bien entendu!)
Il manque cruellement dans le film allégoriquement bancal du dessus, un certain nombre de complices qui brille par leur absence (Hein, la FNAC, VIRGIN, GOOGLE et j’en passe!). Car on peut à mon sens bien parler de toute une industrie complice de cette nouvelle criminalité. Ces outils de duplication sont en vente libre dans de grandes enseignes à ce qu’il me semble. Présenter de jeunes pirates comme les seuls responsables de la situation d’aujourd’hui est injuste. Il faudrait reprendre toute cette chaîne de responsabilité du point de départ et leur faire payer à tous le manque à gagner des artistes; voilà qui me semblerait bien plus juste.
Le piratage n’est pas un vol, c’est la conséquence malheureuse d’une évolution technologique qui s’est faite sans concertation avec l’industrie du divertissement sur le dos de laquelle elle vit. Cessons d’être dupe et hypocrite.
Et que penser de ces majors qui utilisent désormais le piratage comme un outil de promotion. Dernier exemple en date: Wolverine Origins de Gavin Hood se retrouve à trois semaines de sa sortie intégralement téléchargeable dans une version aux effets spéciaux pas encore tout à fait finis.
Aussitôt, c’est le gros buzz sur le NET parmi la communauté Geek, Wolverine est disponible! ça va nuire à la sortie du film, c’est la catastrophe… Or quelques mois plus tôt des rumeurs calamiteuses font état d’énormes conflits entre Gavin Hood et la Fox au sujet du film, des scènes entières doivent être retournées en urgence. Et Hugh Jackman de s’expliquer sur le site de Geek numéro un: Ain’t it cool news, afin de rassurer les fans anxieux sur la qualité du film.
Quelques semaines après, le film est disponible sur la toile dans une version que l’on peut très difficilement juger (Que restera t-il réellement dans la version finale?) et est menacé de faire un bide au BOX-OFFICE, ce qui mettrait un hiatus sur toutes les éventuelles suites du mutant griffu ou sur la franchise X-men plus largement. Un cauchemar pour les Geeks comme moi qui, dès lors s’activent à faire des sondages sur le net qui montrent très clairement qu’ils iront voir le film le jour de la sortie, histoire de minimiser l’impact néfaste de la version de travail.
Ce film en se retrouvant sur la toile dans une version fort pratique de « Work in progress » (A 3 semaines de la sortie, il est étonnant d’avoir une version si peu finalisée du métrage n’est ce pas!) a créé un buzz qui j’en suis sûr, va profiter au film et le rendre capable de rivaliser avec le rouleau compresseur du moment: Star Trek de JJ Abrams. Qui lui bénéficie d’un nappage médiatique élogieux.
Alors oui, on peut sentir dans mes propos un relent de discours « conspirationniste « mais pour ma défense, je suis un consommateur pigeon (De par mon statut Geek) depuis suffisamment longtemps, pour savoir quand on me tend un morceau de pain. Et là ça sent la baguette…








Je suis du même avis que toi. Pour moi, le problème n’est pas attaqué du bon côté du tout. Il y a des dizaines de moyen de récupérer les fonds perdus par le piratage et d’empêcher plus ou moins la catastrophe, mais ce que veulent les majors… c’est mettre des baffes.
Soit, le combat promet de durer encore longtemps.
Bien dit camarade! Pourquoi ne nous laissent-ils pas devenir maître du monde? Je suis sûr qu’on créerait une « gentille » dictature…Une dictaturette!
Je n’avais jamais envisagé cette « pub » de cette façon!!
Excellente analyse.
Ancien pirate de jeux vidéo, j’ai repris plaisir depuis une quinzaine d’année à acheter mes jeux et si je comprend le piratage, je pense qu’il faut surtout éviter sa simplification.
Si la musique les films et notamment les jeux DS sont autant piratés, c’est que même un âne bâté en informatique réussira à le faire seul.
Avis aux pirates: acheter un CD, un DVD ou un Jeu vidéo de temps en temps ne nuit pas gravement au piratage!!
A bon entendeur…
on parlais déja de ce problème avec les cassettes vierges il y a 40 ans, et pourtant, l’industrie de la musique a continué a tourner, on n’a jamais croisé Sting ou Bowie a l’armé du salut! je ne me fais pas de souci pour le ciméma, on ne pourra jamais comparer une salle obscure et ma petite télé!
Ce serait intéressant d’en savoir davantage sur le lobbying de la SACD auprès des artistes qui a sans doute contribué à la mobilisation « d’artistes de gauche » tels que Pierre Arditi en faveur de la loi Hadopi.
En tout cas, pas d’inquiétude pour « X-Men Origins: Wolverine » qui a réuni 969 755 spectateurs dès la première semaine.
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