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Revue de presse

6 mars 2009 Page vue 989 fois Aucun commentaire

LE POINT

Et après on va dire que je suis méchant…
De et avec Frédérick Sigrist. Mise en scène de Bertrand Constant.

Fils d’un Guadeloupéen et d’une Lorraine, ce joyeux luron adore rire de son propre métissage et des idées reçues en général. Il ne laisse pas une seconde de repos à son public, enchaînant jeux de mots et réflexions sans concession sur la politique, les religions, la vie et surtout la mort, un décryptage bien balancé des paroles de la Compagnie créole et une version terrifiante de La Belle au bois dormant . Ce jeune comédien ne cesse de s’interroger : qui sont donc « les vraies gens » de la télé, que valent et veulent les sondages ? Pourquoi le prend-on systématiquement pour Tony Parker ? Pourquoi le célibat est-il devenu un cauchemar… presque autant que le mariage ? Il parle du prix du pétrole en citant Sartre et mime les gars de banlieue en pensant Buster Keaton. Héros de roman gothique, puis personnage de Tex Avery, ses univers et sujets de discussion sont aussi multiples que ses talents.
Une jolie surprise.

Marie Audran
Jusqu’au 27 décembre. Le Point-Virgule (19 heures). 01.42.78.67.03.

EVENE

par Aurélie Louchart

Le spectacle de Frédérick Sigrist est un soulagement. Oui, il existe encore des humoristes de talent en France. Des artistes capables de finesse et de drôlerie, qui abordent d’autres sujets que les « lâchers de salopes » et parlent de politique avec un ton caustique sans sombrer dans la caricature. Frédérick Sigrist monte sur scène et, en quelques minutes, séduit un public dubitatif face à son visage inconnu. L’humoriste raconte la politique donc, mais aussi la drague, Dieu ou le métro avec une énergie et un sens critique savoureux. Ses imitations de Nicolas Sarkozy comme de banlieusards se révèlent étonnamment convaincantes. Lorsqu’il parle de la banlieue justement, le ton est juste et il évite les écueils du dédain comme de l’empathie trop prononcée. Le spectacle est fluide, on passe d’un sujet à un autre sans prévoir les enchaînements. La plume est acerbe, cynique et terriblement perspicace. Le passage sur l’Afrique et ses rapports à la France se révèle ainsi proprement jubilatoire. En plaisantant, Sigrist pointe du doigt les aberrations de la politique de droite, l’état calamiteux de la gauche et les travers de toute une société. Tout le monde en prend pour son grade, Sigrist y compris. L’humour, souvent noir, ne sombre cependant jamais dans la méchanceté gratuite. L’heure passe à une vitesse folle et on n’a qu’une envie, retourner voir Frédérick Sigrist pour découvrir à quelle sauce il mangera les prochains protagonistes du 20 heures

SORTIR A PARIS

Frédérick sigrist au point virgule
Publié le 11/02/2009, par Elodie Noel.

Date(s) : Du Lundi 5 Janvier 2009 au Mardi 30 Juin 2009.
Vous avez envie de rire ? de vous marrer ? de vous bidonner ? de vous fendre la poire ? de vous payer une bonne tranche de rigolade ? Courez voir le spectacle de Frédérick Sigrist, un mec bourré de talent.
Formé à l’école du politiquement incorrect, Frédérik Sigrist est un humoriste qui n’a peur de rien. Ce métis, mi-lorrain mi-guadeloupéen, se décrit lui-même comme un mélange de Bedos et de Dieudonné (bonne époque). Nourri à la BD, au cinéma et à l’actualité, il mêle un vrai talent d’écriture et un excellent jeu d’acteur dans son spectacle  » Et après on va dire que je suis méchant  » (mis en scène par Bertrand Constant), qu’il joue depuis janvier 2007.
Méchant Frédérick Sigrist ? Pas vraiment, mais parfaitement impertinent. Si l’une des grandes qualités de son spectacle est l’entrée en matière, consacrée à l’actualité la plus récente (il est chroniqueur  » enjoliveur de quotidien  » sur France Inter), il n’hésite pas à aborder des thèmes brûlants, tels que le conflit israëlo-palestinien, ou les problèmes de l’Afrique, mais avec un ton décalé qui les rend proprement hilarants. Son spectacle est un portrait de notre société vu par la lorgnette de l’humour noir.
Très doué également pour décrire les situations du quotidien (son portrait des usagers de métro est un morceau de bravoure), il se glisse dans la peau de ses personnages avec une facilité déconcertante. Un conseil : retournez-y plusieurs fois car le spectacle évolue au fur et à mesure des représentations et constitue un véritable antidote à la morosité ambiante. Quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler de Frédérick Sigrist…

FIGARO

Et après on va dire que je suis méchant
Jean-Luc Jeener
12/09/2008 | Mise à jour : 16:56 |
.
One-man-show
de Frédérick Sigrist. Mise en
scène de Bertrand Constant.
Point Virgule (01.42.78.67.03).

Frédérick Sigrist est un garçon extrêmement sympathique. Il se dit lui-même fils d’un père guadeloupéen et d’une mère lorraine et surfe sur la vague Obama sans aucun complexe. Le talent est là, encore un peu en friche. On sent une certaine timidité devant le public malgré un contact juste et chaleureux. Pour le reste, il est toujours appréciable de voir un humoriste s’attaquer à des thèmes politiques. Avec un peu plus d’originalité et une petite dose supplémentaire de confiance en soi, il pourra bientôt faire des étincelles.

L’EST REPUBLICAIN

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TELERAMA

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TATOUVU

Frédérick Sigrist Dans « Et après on va dire que je suis méchant… »
Ni méchant ni bête… mais drôle !
Cet humoriste souligne son métissage pour se déclarer « Noir modéré », tout en avouant qu’il serait capable de tuer père et mère pour un bon mot ! Le ton du programme est ainsi donné : quelques coups de griffes et beaucoup d’humour !
Et, contrairement à certain programme politique qu’il fustige (« Avec Sarkozy, tout devient possible… mais tout ce qui est possible est-il souhaitable ? »), Frédérick tiendra ses promesses ! S’il a choisi la forme du stand-up, c’est dans la belle tradition française chère à Guy Bedos, par exemple. Sigrist tire en effet à vue sur tout ce qui bouge, n’hésitant jamais à se mettre lui-même dans la ligne de mire. Je l’ai dit, tout y passe : à gauche, à droite, à la télé, sur les marchés de fruits et légumes, dans les couples (simples « célibataires en rémission »), la famille, la religion, bien sûr… Même Blanche-Neige en prend pour son grade ! Ses flèches bien affûtées soulignent l’absurdité de notre monde, les inégalités flagrantes, les velléités toujours vivaces du colonialisme et l’esclavagisme qui se niche là où on ne l’attend pas (et aussi là où on ne l’attend que trop !). Sigrist est un auteur et ça s’entend : il utilise les subtilités de notre langue, du jeu de mots classique à la métaphore dynamite. C’est aussi un comédien à la présence généreuse qui sait jouer de la corde sensible quand il le faut ou prendre de la distance quand c’est nécessaire. Sa sincérité aussi se ressent, et tout ça fait vraiment du bien !

Zoom par Caroline Fabre
Paru le 07/06/2009

YOU HUMOUR

J’avais connu Frédérick Sigrist au théâtre. Il y jouait « Drôle de nuit », une pièce dont il était l’auteur. L’exercice du seul en scène, bien différent, réussit on ne peut mieux à ce comédien à la présence généreuse et à la tchatche caustique. Dans la pure tradition du déglinguage en règle, il tire sur tout ce qui bouge, sans renoncer à se mettre lui-même dans la ligne de mire. La droite, la gauche, la famille, la religion, la télé, les couples, les célibataires… et même les étals de fruits et légumes ou encore Blanche Neige, tout y passe ou presque ! Mais une grande partie de ses diatribes subtiles autant que cocasses s’attachent à fustiger les inégalités de mise dans notre société et à souligner notamment les formes parfois très vicieuses qu’ont pris le colonialisme et l’esclavagisme dans le monde d’aujourd’hui. Car Frédérick Sigrist, sans doute grâce à ses origines, décode par exemple mieux que quiconque les relations ambigües de la France avec l’Afrique. Ici comme pour le reste, la verve est acerbe et cynique mais sincère et jamais l’humoriste ne tombe dans la caricature ni dans la méchanceté gratuite et ça, c’est suffisamment rare pour être dit. Côté langage justement, notons des textes ciselés qui utilisent les subtilités de notre langue, sans jamais distancier quiconque. Résultat, un spectacle de très belle facture où le rire, noir ou jaune pour la plupart, est omni présent.

Caroline Fabre

THEATRORAMA


Sigrist s’astique au caustique…

Vous avez une dent, voire une mâchoire entière contre les one man show ? Les soirées à écouter des sketches écrits comme le spectacle de fin d’année vous font horreur (Brecht c’est quand même autre chose) ? Les rires gras et luisants comme une peau acnéique vous donnent des boutons ? Ça tombe bien parce que le spectacle de Frédérick Sigrist c’est exactement l’inverse. Comme quoi, quand on est méchant, ça marche…

Pas vraiment méchant d’ailleurs… Juste délicieusement grinçant et d’un cynisme à vous titiller très agréablement les neurones et à vous tirer des rires comme des vers du nez. L’exercice du one man show c’est comme un speed dating amoureux. Si au bout de cinq minutes, vous n’avez pas une touche, vous allez vivre sur scène de grands moments de solitude avant de vous prendre une veste du public. Cinq minutes pour faire ses preuves et embarquer son monde derrière sa chapelle de l’humour. Sigrist séduit en moins que ça. Le courant passe tout de suite jusqu’à l’électrocution. La difficulté d’un standing ovation c’est d’associer le charisme du comédien à un texte drolatique. L’énergie de ce croisé guadeloupéen/Lorrain donne un rythme aux sketchs qui s’enchaînent comme des perles d’humour noir (normal pour un métis aurait pu répondre Sigrist).

C’est tellement bon d’être méchant !
Il dresse en un peu plus d’une heure de spectacle un portrait de notre société à la façon suprême d’un Guy Bedos. Politiquement incorrect, souvent border line, tous les sujets d’actu sont passés à la moulinette : des banlieues à Sarkozy, en passant par la compagnie Créole et Obama, le conflit israélo-palestinien (spéciale dédicace à Dieudonné), la situation de l’Afrique… Il joue sur la corde sensible pour vous pendre avec ensuite (un coup à s’étrangler de rire). Son arme c’est d’allier les bons mots, pour lesquels il vendrait ses parents (si vous les trouvez en promotion sur ebay, c’est le moment d’investir dans de la valeur sûre) à une interprétation irrésistible. Sigrist se glisse dans la peau de ses personnages comme une main lubrifiée dans un gant en cuir. Les scènes de la vie quotidienne deviennent des anthologies de drôlerie (les usagers du métro vivront une catharsis en direct). Un humour doré à l’or fin qui a une plume bien aiguisée et le verbe haut. Il ne reste plus qu’à faire profil bas pour saluer une performance au point virgule, qui, on l’espère, se terminera en suspension…

Publié par Ange Lise dans One Man Show le 15 juin 2009

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